S.O.L.

Publié le par wibou

Je m’affaire donc a monter le cafe sur le port de Melbourne.

Jin me donne carte blanche. Elle possede des millions et veut une idee neuve pour le cafe, peu importe le budget initial.

Marque de fabrique du cafe : le biologique. Des produits sains.

Je l’appelle S.O.L (Seasonal-De saison) Organic (Biologique) Local (local).

Tous mes fournisseurs sont des agriculteurs / boulangers / artisans travaillant dans la biodynamie ou le biologique. Tous les produits achetes proviennent de moins de 150 km autour de Melbourne (a l’echelle de l’Australie c est tout pres).

Elise, une californienne, m’accompagne. Je la recrute car elle veut rester un petit bout de temps sur Melbourne et souhaite apprendre des choses sur le bio et la biodynamie. Avec son joli minoi, elle attire un peu plus les quelques commerciaux qui travaillent autour. C’est d’ailleurs notre clientele principale. Le cafe est situer autour de beaucoup de bureaux administratifs, de la chaine de TV regionale de Melbourne. Les quelques clients de passage sont des pietons flanant sur le port.

La premiere semaine se passe tres tres bien, les clients sont contents d’avoir de bons produits, des sandwichs qui ressemblent a quelque chose, un cafe qui a du gout, des salades de fruits frais et autres yaourts purement revenus a leur etat initial (mon prefere : mangue, fruit de la passion). Nous creons ce que bous voulons, dans le respect du business evidemment, et les clients sont heureux. Tout se passe pour le mieux.

Les marges financieres ne sont pas tres importantes mais je regarde le business sur les 4 prochaines annees. Evolution du menu, creation de nouvelles recettes etc…

C’est un peu le souci que j’ai avec Jin, la proprio. Elle souhaite faire encore plus de millions qu’elle n’en a deja (grace aux mines qu’elle possede en Chine et le business minier en Australie). Je m’efforce de la ramener a la realite en lui expliquant que ce n’est pas avec la taille ni l’emplacement de ce petit cafe du port de melbourne qu’elle fera ses millions. Je lui propose d’ouvrir un second cafe sur Melbourne (plus grand et plus central), tout en me positionnat (evidemment)en tant que manager des 2 cafes afin de garder la marque de fabrique du cafe : le bio.

Son projet a elle, ouvrir une succursale en….Chine ! Elle me confirme, sans surprise, que le bio ne marchera pas la-bas. De toute facon, je ne crois qu’elle comprenne l’idee du bio et de produits de saison, elle ne voit qu’un segment de marche qui fonctionne assez bien en Australie depuis quelques annees. En tout cas, elle veut m’impliquer dans son projet (de Chine), je lui reponds que j’y penserais.

Debut mai, elle doit repartir en Chine pour 2 semaines. Elle reviendra avec son mari avec qui nous entamerons les demarches pour le visa.

Le futur s’annonce donc sur melbourne et je demenage sur une autre maison, plus proche du cafe.

J’intensifie ma frequence de meditation, ca me fait beaucoup de bien mentalement et physiquement (j’accompagne avec un peu de yoga). Changement non-negligeable : je fume moins.

Elise et moi travaillons bien ensemble, et le cafe se porte bien.

Socialement toujours inexistant, beaucoup de pensees et de sensation se melangent. Je m’apprete a signer un contrat de 4 ans dans ce metier (certes relativement bien payer) que je peux faire en France, l’acceptation d’une routine (toujours refusee), dans une ville maintenant surpeuplee (de chinois !), perdant son ame. L’hiver fait son apparition, ce qui n’arrange pas mon moral.

Comme une impression de se faire enc….. par la vie, obliger de se laisser enfermer dans une boite dont le nom est Travail et d’ou l’on sort une fois avoir accompli son delai maximum de labeur et d’esclavage. Je suis present 11 heures par jour au cafe, ce qui n’aide pas aux nouvelles rencontres, ni d’evoluer socialement, ni d’apprendre de nouvelle choses.

La meditation est ma seule bouffee d’oxygene.

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Publié dans MELBOURNE

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